samedi 15 mai 2010

Bonjour à tous

Comme vous avez pu le constater, il y n'y a plus de nouvelles sur ce blog depuis un certains temps. En effet, je suis rentré en France il y a maintenant trois semaines, et je ne voulais pas le dire sur ce blog, car je faisais la surprise à différents membres de ma famille, ainsi qu'à mes amis.

Après avoir été bloqué durant une semaine dans un hôtel de luxe à Bangkok, je suis finalement arrivé à Paris en chair et en os.

Ainsi donc s'achève ce blog.

Que puis-je en retirer de cette année? Beaucoup, beaucoup de choses, qui seraient d'une part longue à expliquer comme ça, et d'autre part, il y en a tellement, qu'une bonne partie ne me reviendrais pas en mémoire.

Tout ce que je peux dire, c'est que j'ai été heureux de partir durant 10 mois à la découverte d'un pays comme le Cambodge. Pays magnifique, intriguant, étonnant, ... bref, une expérience fabuleuse que je conseil à tout le monde. Cela fait un bien fou d'avoir le temps de prendre le temps. Prendre le temps de réfléchir sur soi, sur sa vie, sur sa famille, sur ses amis. Prendre le temps de regarder un coucher de soleil, de s'extasier devant un paysage, de jouer avec des jeunes qui ne parlent pas la même langue. Prendre le temps de penser.

Par ailleurs, je suis très content d'être revenu ici, de relater différentes histoires, de partager mon expérience.

Ludovic, quant à lui, reste encore au moins un an. Le travail est là, et il se sent comme un poisson dans l'eau.

Je voudrais remercier ESK pour la confiance qu'ils m'ont donné, et pour l'occasion qu'ils m'ont donné de partir là-bas. Merci aussi à Bunthy, directeur de l'école, ainsi que les élèves et le personnel de l'école pour les différents moments que nous avons partagés. Merci aussi à Ludovic, malgré les différents que nous avons eu ensemble. Merci à ma famille et mes amis pour leurs messages et/ou leurs coups de téléphones. Merci à vous, qui avez laissé, ou essayé de laissé un message sur ce blog. Merci à toutes les personnes qui m'ont aidé sur un plan financier, administratif et/ou moral. Et pour finir, merci à ceux restés au Cambodge, avec qui j'ai passé cette année. Pour tout ces moments partagés, de rire ou de larme.

Expérience unique? Peut-être. Mais pour ma part, cette idée de partir comme ca a été prise sur un coup de tête, un an avant de prendre l'avion.

A mon retour, j'ai eu différents coups de téléphone de jeunes qui voulaient partir comme je l'ai fait. Le seul conseil? Y croire, ne pas se laisser abattre par n'importe quelle mauvaise nouvelle, bien réfléchir sur le pourquoi, et foncer. Aller de l'avant, y croire, y croire, y croire, et tout se mettrait en mouvement pour qu'un rêve comme celui-là (ou comme un autre d'ailleurs) se réalise.

A très bientôt j'espère, autour d'un verre, ou par un autre moyen.

Etienne

dimanche 28 février 2010


Et voici le show room. Du moins, ou il en est en ce moment. Comme vous le voyez, les premières solives sont posées. Il en manque. C'est normal. Je suis en attente de bois. En effet, le ministère aurait quelques soucis en ce moment concernant le vol dans la forêt. Donc attente forcée pour l'instant. Mais gardons le sourire, je suis sûr qu'une solution va vite être trouvée.

Pour vous montrer qui sont ces fameux élèves, en plein travail...

Puis ceci est le salon que nous avons depuis peu à l'étage, dans l'école, entre les dortoirs des élèves, et notre appartement. Cet endroit a vite été adopté pour tout le monde.

Voici un des lits qu'ils font pour un autre centre de ESK, le centre CCPSO. Centre dans lequel j'ai travaillé en novembre et décembre, ou il y avait quelques travaux de maconnerie, et de couverture à faire.

Voici les élèves en plein travail. En ce moment, ils font près de 52 pieds de moustiquaires, d'une part pour des commandes, d'autre part, pour en avoir de côté, car c'est un travail répétitif, à la chaîne.

dimanche 21 février 2010


Une de nos petites scéances jonglage.

Petite après-midi pêche...

Au moins, ici, les gens du pays n'ont pas peur. Elle doit avoir à peine 12 ans, un bébé de 4 mois dans les bras, sans casque ni rien, et en route pour une quinzaine de minutes, jusqu'au point de départ, dans les rues de Phnom Penh qui commencent tout juste à se désengorgé.

Voila le fameuse soirée ou le repas a été offert aux enfants des rues.

lundi 15 février 2010

Bonjour à tous

3 semaines se sont écoulées. 3 semaines ou mes parents ont fait la visite du Cambodge. Le Nord, en passant pas Siem Reap, puis le Sud, Kep et Kampot (ou le poivre est reconnu mondialement). Sans oublier les visites de Phnom, tel que le palais royal, la pagode d’argent, orphelinats, association (PSE). Et bien sur, un petit tour du cote de notre chez nous, a Kompong Speu.
3 semaines de vacances pour ma part.
Ils sont ravis de ce voyage. De voir tellement de choses en si peu de temps. Un jour nous suivons les sentier touristique, ou l’argent prime avant tout, et lendemain, avec quelques amis d’ici, nous offrons le repas à des enfants des rues. Pour ma part aussi ces visites m’ont fait ouvrir encore plus les yeux sur pas mal de choses.
Jusqu’à présent, je ne m’étais pas vraiment aperçu de la pauvreté du pays, comme on l’entend si souvent. A force de rester à Kompong Speu, dans notre école ou nous sommes plutôt bien logis, et de voir nos amis a Phnom Penh, qui ont aussi un train de vie occidentale à la khmère.
Ce qui m’a le plus marqué, c’est cette fameuse soirée ou nous sommes allés le long du quai Sisowath (la ru de Phnom Penh touristique par excellence). Avec une amie khmère qui parle très bien français, nous avons pris sur nos motos et dans des touc-toucs, des enfants des rues qui passent leurs journées à mendier auprès des touristes assis à leurs tables de restaurant pour pouvoir manger à peu près a leur faim. Nous les avons donc pris avec nous, direction marché Orussey. Lieu khmère ou nous pouvons avoir de très bon plats (riz sauté avec du bœuf par exemple), pour un dollars en moyenne. Il a été frappant de les voir s’asseoir a ces tables en fer, bordant une des rues les plus bondées de Phnom Penh, et d’attendre que nous leur donnions des assiettes. Ensuite sont venus des personnes d’un autre âge. Des personnes âgées plus particulièrement, qui, elles, mendient dans ce marché. Pas de l’argent, non, mais de la nourriture. Ces personnes marchent avec un sachet a la main, sachet qui a, bien entendu, un nombre de jours je pense assez conséquent, et elles mendient comme ca, tout les jours, sans relâche. C’est ce que l’on peut appeler de la survie.
Les voir s’asseoir a ces tables, les larmes aux yeux, nous remerciant du fond du cœur. Vraiment, ce fut un moment très fort.
Mais la claque dans la figure ne se trouve pas là.
Le lendemain, je suis retourné sur les Quai Sisowath, pour manger dans un restaurant avec mes parents. Nous nous asseyons en terrasse, je tourne la tête, et je vois une gamine qui me sourie. Je lui rends son sourire sans grande conviction, en me demandant ou j’avais pu la rencontrer. Et là, prise de conscience. Cette fillette était celle qui était avec moi sur ma moto la veille, un bébé de 4 mois dans les bras, et avec qui j’ai beaucoup rigolé sur le chemin en faisant l’imbécile. Je me retourne directement pour la revoir, lui rendre un sourire plus grand que le précédent, mais elle a la tête tournée dans une autre direction, et finalement, part avec d’autres filles de son âge, se rendant compte qu’à ce restaurant, elles ne pourront rien avoir.
Et la je me dis. Ce fameux soir ou nous avons emmené ces gamins manger à leur faim, au final, était-ce nécessaire ? Ne leur a-t-on, au final, pas donner un rêve inaccessible ? Cette fille avec qui j’ai si bien rigolé sur la moto, et que je n’ai pas réussi à reconnaître le lendemain. Ne lui ai-je pas fait quelque part mal. Je n’en sais rien.
Il est vrai que d’un autre côté, il faut aussi être conscient que ces enfants savaient sûrement que ce n’était qu’éphémère. Qu’ils ne devaient pas se faire d’illusion sur de potentiels « blancs » qui viendraient les sortir de la misère.
Mais quand même, voir ces visages qui s’éclairent quand ils apprennent qu’ils vont manger. Juste manger. Cette vieille dame qui pleure toute les larmes de son corps en racontant qu’elle se fait frapper par son mari, tenant dans sa main droite un glaçon, sur le bleue énorme qu’elle a sur la joue droite. Cet homme, stoïque, ou aucune émotion ne passe, si ce n’est de la tristesse, de la fatigue, de la profonde fatigue.
Au final, que puis-je en retirer ? Pas grand chose, si ce n’est que la prochaine fois que nous referons une soirée comme celle là, nous veillerons à faire manger encore plus de personnes, en espérant que dans un futur le plus proche possible, ce gouvernement si corrompu reconnaisse enfin les personnes vivant dans son propre pays, et face tout ce qu’il peut pour leur offrir le minimum pour vivre.

En relisant ces quelques lignes, je me dis « Arrête un peu d’écrire que des choses tristes, ou du moins, pas gaie. Parle d’autre chose ». Et c’est vrai. Le dernier texte raconte la médecine d’ici qui n’est pas rose, ce texte la pauvreté. Mais rassurez-vous, il y a heureusement pleins de belles choses a raconter.
Par exemple, je vais vous raconter notre week-end du 17 janvier, cela pourra en faire sourire quelques uns :
Le weekend se termine, et nous venons de quitter Elodie, Valentine et Guillaume pour qu’ils puissent retourner à Phnom Penh. Avec Mélanie et Ludovic, nous avons passé ces deux derniers jours à Kompong Speu, dans notre chez nous, dans notre maison de campagne. Cela fait vraiment du bien d’avoir passé un weekend comme celui-ci. Et je n’écris pas ça juste pour parler de moi, mais au nom de tous les autres.
Ludovic est partit sur PP vendredi soir pour aller faire des achats, et est revenu le lendemain accompagné des 4 autres compères. Au programme, confection de confitures, fête le soir dans un village voisin (ils fêtent la fin de la récolte), ballade en moto dans les environs, films, détentes, repos, calme… Et bien ce fut réussi. Après avoir passé la journée du samedi après midi à travailler à l’atelier, éplucher toutes sortes de fruits (bananes, lychees, mangues, etc…), nous avons mis le tout dans le mixeur pour les faire cuire le lendemain. Ludovic et Mélanie avaient déjà fait de la confiture de banane auparavant. Elles ont eu tellement de succès, que nous avons fait rebelote, en agrandissant le panel de fruit.
Puis le soir arrive. Nous devions arriver chez Som-On, un de nos professeurs, à 18h chez lui, nous y sommes allé pour 19h30. Pas de commentaires.
Arrivés chez lui, tout est plutôt sombre, pas de musique. Som-On et Sokhom (un de nos autres professeur), nous accueillent, plutôt bien attaqués par l’alcool, à bras ouverts. S’ensuit les boissons, la nourriture, puis, une bonne heure plus tard, de la musique se fait entendre dans les environs. Nous demandons à Som-On à quel moment nous irons danser, sa réponse « Après ». Bref, il ne comprend pas grand-chose, mais ce qui est sûr, c’est que nous allons passé une bonne soirée.
Donc, nous nous battons avec nos bières. Tout d’un coup, Som-On se lève, nous dit dans un khmère presque incompréhensible, « C’est l’heure », ou quelque chose dans le genre.
Et la, nous y allons, pleins de bonnes volontés.
En arrivant, quelle ne fut pas notre surprise de voir la « salle » de danse. En réalité la place centrale du village, en terre battue, d’un coté, 8 enceinte énormes (pas du tout aux normes européennes), a 5m de ces enceintes, un poteau avec un néon accroché dessus, et pleins de jeunes qui dansent, ou plutôt qui marchent autour de ce poteaux en faisant une espèce de chorégraphie khmère avec les mains. Et ils tournent, tournent, sans se lasse. Derrière se trouvent les parents, les grands-parents, qui assistent au spectacle.
Et là, tous les regards se tournent vers nous. En effet, c’était bien la première fois qu’ils voyaient du blanc arriver dans un fête comme la leur. Nous sommes accueillis avec des sourires, certains francs, certains timides, mais surtout avec une grande curiosité.
Ni une ni deux, nous nous mettons dans la ronde, avec la musique a fond à se faire exploser les tympans, et nous dansons comme eux. Som-On et Sokhom, heureux de montrer aux villageois que nous sommes avec eux deux, ne s’en privent de le dire (du moins, c’est ce que j’en ai déduis).
En moyenne, 5 chansons, khmère ou américaine, puis retour a la maison de Som-On pour boire encore quelques bières, puis retour à la fête, pour revenir a la maison, etc…, etc… Autant dire que la soirée fut très bien arrosée, et très joyeuses.
C’est marrant de voir toutes ces personnes habillé sur leurs 31, surtout les garçons, avec leurs chemises flashy, aux couleurs kitch. Cela me fait beaucoup penser aux fêtes de villages que nous connaissons en France, avec quelques différences culturelles.
La soirée se termine bien. Nous rentrons finalement à la maison tôt dans la matinée. Seul Ludo, Valentine et Elodie restent pour faire la fin de soirée. Moment, ou le chef du village est allé les voir pour les remercier d’être venu.
Puis le lendemain, grasse matinée oblige. Nous nous levons difficilement vers 11h, la tête encore dans les nuages. Après avoir mangé, nous décidons de faire un petit tour en moto. Une heure seulement. Il ne faut pas trop abusé, la tête fait encore mal par moment…
Donc voilà une autre facette du Cambodge plus joyeuse. Une autre partie de notre vie ici.
Il me reste encore 3 mois. Pour Ludo, encore quelques mois, il ne sait pas encore combien exactement. Bref, nous allons profiter encore un maximum du temps qui nous ai donné ici, pour pouvoir revenir avec le maximum de souvenirs, et surtout vous raconter notre vie ici, dans son meilleur ensemble.
Je vous laisse. Je vous souhaite à tous et a toute une bonne journée, bonne semaine bon tout, bonne année pour les chinois, car depuis hier nous sommes rentré dans l’année du tigre blancs. Une bonne année en perspective (d’ailleurs Ludo et moi sommes de l’année du Tigre, 1986)
A très bientôt

jeudi 21 janvier 2010

« Une médecine pauvre pour des malades pauvres des pays pauvres »

« Le 15 mai 1995, Peter Spring, responsable de tout le secteur des médicaments de l’OMS a exposé durant quinze minutes la politique sanitaire de l’institution qui l’emploie. Il s’est attaché à recommander l’emploi dans le Tiers-monde, de l’antibiotique bon marché nommé Chloramphénical. « Nous utilisons le Chloramphénical, car nous ne pouvons pas nous permettre une médecine de type Rolls-Royce dans le Tiers-monde ».
Le représentant de l’OMS à Phnom Penh a déclaré après coup : « Ici, la plupart des enfants meurent de maladie simple ; il n’est donc pas nécessaire de pratiquer une médecine chère et compliquée. »
Tout d’abord, qu’est-ce que le Chloramphénical :
1. Il est rendu totalement inefficace par la résistance qu’ont développés, face à lui, les Cambodgiens.
2. Il n’agit pas dans 65% des maladies contre lesquelles on l’utilise, notamment dans les cas de tuberculose entraînant de fortes fièvres et des difficultés respiratoires.
3. Son utilisation est criminelle à cause des effets secondaires très graves qu’il provoque et qui l’ont fait interdire dans les pays dits développés.
Inutile de préciser bien sûr qu’à ce triste bilan s’ajoute que les effets secondaires néfastes sont multipliés par les maladies du foie, dont souffrent beaucoup de cambodgiens.
Et inutile de préciser aussi que le Chloramphénical avait été retiré de la vente en 1970 à cause de ses effets secondaires. Or ici, au Cambodge, une maison française importe massivement ce médicament, qui est interdit partout ailleurs.

L’OMS estime aussi que toutes les installations et activités médicales doivent être adaptées aux conditions de chaque pays, c’est-à-dire à son budget. Et si celui-ci, comme au Cambodge, est proche de 0 ? (il équivaut dans ce pays à 18,5 millions de dollars, soit 1,5 dollars annuel par habitant).

La politique de l’OMS dans le domaine des médicaments entraîne des conséquences impardonnables. Pour de légères infections respiratoires, on préconise la pénicilline, l’ampicilline et le Bactrim. Les dossiers ne contiennent aucune référence à des auscultations ou à des radiographies des poumons. On n’en parle pas dans les séminaires organisés par l’OMS, l’Unicef, World Vision ou l’YICA.
Mais qui contraindrait ces organisation à ce justifié ? »

Voici quelques extraits du livre de Beat RICHNER, médecin Zurichois, qui travailla au Cambodge, à Phnom Penh, jusqu’en 1975, juste à temps pour fuir les Khmer Rouges. En 1991, il décide de revenir dans ce pays pour remettre debout l’ancien hôpital, alors totalement dévasté. Il accompli en un temps records ce qu’aucune organisation d’entraide n’avait réussi à faire avant lui.
Aujourd’hui, L’hôpital de Kanta Bopha soigne gratuitement tout les jours des centaines d’enfants. C’est le seul hôpital du pays digne de soigner des personnes, totalement gratuit, ou la corruption ne règne pas, et ou chaque êtres humains à son importance.
Dans ce livre, il dénonce sans concession les pièges de la corruption et décrit ses démêlés avec l’administration. Il s’en prend aussi l’Organisation mondiale de la santé, dont la politique entraîne des conséquences mortelles pour les enfants.

Titre du livre : Kanta Bopha, Combat d’un médecin suisse au Cambodge (Editions : LE NOUVEAU QUOTIDIEN)