« Une médecine pauvre pour des malades pauvres des pays pauvres »
« Le 15 mai 1995, Peter Spring, responsable de tout le secteur des médicaments de l’OMS a exposé durant quinze minutes la politique sanitaire de l’institution qui l’emploie. Il s’est attaché à recommander l’emploi dans le Tiers-monde, de l’antibiotique bon marché nommé Chloramphénical. « Nous utilisons le Chloramphénical, car nous ne pouvons pas nous permettre une médecine de type Rolls-Royce dans le Tiers-monde ».
Le représentant de l’OMS à Phnom Penh a déclaré après coup : « Ici, la plupart des enfants meurent de maladie simple ; il n’est donc pas nécessaire de pratiquer une médecine chère et compliquée. »
Tout d’abord, qu’est-ce que le Chloramphénical :
1. Il est rendu totalement inefficace par la résistance qu’ont développés, face à lui, les Cambodgiens.
2. Il n’agit pas dans 65% des maladies contre lesquelles on l’utilise, notamment dans les cas de tuberculose entraînant de fortes fièvres et des difficultés respiratoires.
3. Son utilisation est criminelle à cause des effets secondaires très graves qu’il provoque et qui l’ont fait interdire dans les pays dits développés.
Inutile de préciser bien sûr qu’à ce triste bilan s’ajoute que les effets secondaires néfastes sont multipliés par les maladies du foie, dont souffrent beaucoup de cambodgiens.
Et inutile de préciser aussi que le Chloramphénical avait été retiré de la vente en 1970 à cause de ses effets secondaires. Or ici, au Cambodge, une maison française importe massivement ce médicament, qui est interdit partout ailleurs.
L’OMS estime aussi que toutes les installations et activités médicales doivent être adaptées aux conditions de chaque pays, c’est-à-dire à son budget. Et si celui-ci, comme au Cambodge, est proche de 0 ? (il équivaut dans ce pays à 18,5 millions de dollars, soit 1,5 dollars annuel par habitant).
La politique de l’OMS dans le domaine des médicaments entraîne des conséquences impardonnables. Pour de légères infections respiratoires, on préconise la pénicilline, l’ampicilline et le Bactrim. Les dossiers ne contiennent aucune référence à des auscultations ou à des radiographies des poumons. On n’en parle pas dans les séminaires organisés par l’OMS, l’Unicef, World Vision ou l’YICA.
Mais qui contraindrait ces organisation à ce justifié ? »
Voici quelques extraits du livre de Beat RICHNER, médecin Zurichois, qui travailla au Cambodge, à Phnom Penh, jusqu’en 1975, juste à temps pour fuir les Khmer Rouges. En 1991, il décide de revenir dans ce pays pour remettre debout l’ancien hôpital, alors totalement dévasté. Il accompli en un temps records ce qu’aucune organisation d’entraide n’avait réussi à faire avant lui.
Aujourd’hui, L’hôpital de Kanta Bopha soigne gratuitement tout les jours des centaines d’enfants. C’est le seul hôpital du pays digne de soigner des personnes, totalement gratuit, ou la corruption ne règne pas, et ou chaque êtres humains à son importance.
Dans ce livre, il dénonce sans concession les pièges de la corruption et décrit ses démêlés avec l’administration. Il s’en prend aussi l’Organisation mondiale de la santé, dont la politique entraîne des conséquences mortelles pour les enfants.
Titre du livre : Kanta Bopha, Combat d’un médecin suisse au Cambodge (Editions : LE NOUVEAU QUOTIDIEN)
jeudi 21 janvier 2010
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